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Historique
Construite en 1848 et agrandie en 1983, l’église actuelle, moderne
par conséquent, a remplacé une église romane du XIe
siècle,
sur le même emplacement.
Plus petite mais précédée d’un grand auvent en
charpente, servant d’abri et de lieu de réunion, elle était
entourée par un cimetière.
L’église de Saint Sulpice, bien qu’ayant, à peine, 150 ans d ‘âge, est assez remarquable en plusieurs points : contrairement à ce qui s’est fait en de nombreux endroits au 19ème siècle, l’architecte a parfaitement respecté le style du 13ème siècle qu’il a voulu reproduire.
C’est ainsi qu’il a utilisé uniquement, du granit local pour
la construction. Le chevet et la façade sont entièrement
en pierre de taille, le pavement en dalles rustiques…Le dessin des colonnes
et des chapiteaux est comparable à celui des édifices gothiques…
les nervures des croisées d’ogive à angles abattus, les ébrasements
des baies sans fioritures, ignorent les excès
propres au XIXe siècle…
Une croisée d’ogive à gros boudins et trois arcs brisés du même dessin retombent sur douze colonnes, aux chapiteaux ornés de feuilles stylisées.
Le premier étage présente des baies géminées aveugles, encadrées de colonnettes. Les chapiteaux finement travaillés, reproduisent ceux du porche.
De plan carré, épaulé de contreforts, ce clocher devient octogonal dans les étages supérieurs. Trois fenêtres munies d’abat-sons, s’intercalent entre quatre pyramides prolongeant les angles de la base . Des gâbles, moulurés, les surmontent, percés, chacun, d’une petite ouverture.
Le dernier étage, renfermant deux cloches de 1879, est ajouré de huit baies, encadrées d’une double moulure. Une colonne centrale, s’évasant en à plat, déterminée en chacune, deux fenêtres en ogive à lancette très prononcée…
Par la qualité de sa construction et l’harmonie de son architecture, ce clocher est tout à fait, digne de ceux des collégiales limousines.
L’intérieur de l’église est à trois nefs, séparées par une double rangée de piliers, formés chacun, de quatre colonnes rondes.![]() |
Le chœur, demi -octogonal, est lambrissé de boiseries.
Le maître-autel est en marbre. |
Le transfert comporte deux chapelles dédiées, l’une au sacré-cœur, l’autre à la Vierge.
Les deux collatéraux, édifiés lors de l’agrandissement
de 1883, comportent des voûtes étroites à croisées
d’ogives, particulièrement harmonieuses…
Vitraux et sculptures et objets d’art
L’église est éclairée par un bel ensemble de vitraux peints du 19ème siècle en parfait état, aux couleurs chaudes, notamment des rouges et des bleus profonds.Au -dessus du Maître-autel, une Vierge à l’enfant, patronne principale de la paroisse, encadrée de deux patrons secondaires : Saint Sulpice (Sulpice le Pieux, évêque de Bourges), et Saint Blaise (martyr).
Dans la chapelle du Sacré-Cœur en médaillon, la Vision de Sainte-Marie. Ensuite, dans le bas-côté, Saint Pierre, Saint Mathurin (prêtre), Sainte Lucie.
Dans la chapelle de la vierge, en médaillon, la remise du Chapelet à Saint Dominique, puis Saint Joseph, Saint François d’Assise, Sainte Elisabeth de Hongrie.
Au-dessus de la porte d’entrée, le magnifique vitrail de Saint Louis.
Au milieu de l’église, adossé au deuxième pilier de la nef, se trouve la chaire à prêcher.Le grand Christ en bois, qui lui fait face, mérite l’attention
pour son beau visage au regard poignant…
Dans ces boiseries, seul l’autel dit “du Sacré Cœur” est de
facture différente.
- l’Assomption de la Vierge, de Murillo
- la vision de Sainte Marguerite-Marie, réalisées par
un artiste local, Mr De Cesti.
Deux autres reproductions peuvent présenter, aussi, un intérêt : “le repas chez Lévi” d’après l’école de Véronèse et “Raphaël peignant une Madone au Vatican” avec, comme modèle, une paysanne romaine (Horace Veruet)
L’église possède, aussi, deux reliquaires provenant du Trésor de l’Abbaye de Grandmont. La copie du plus célèbre (l’Ange du 12ème siècle) est exposée, actuellement à côté du Baptistère.
Mais l’église de Saint-Sulpice renferme aussi un ensemble
de boiserie intéressant car très homogène, datant
du milieu du 19ème siècle, dont l’un des mérites est
d’être resté sans mutilations importantes jusqu’à maintenant.
Réalisées à la suite de la
reconstruction de l’église dans le style ogivale du 13ème
siècle, par un artisan local, sans fioritures excessives mais avec
une ornementation soignée, elles sont en chêne sombre hérissées
de clochetons, de fleurons et de crochets, comme il était d’usage
à l’époque gothique.
Elles se composent de lambris du chœur, constitués de panneaux
de largeur différente, habillant les murs tout comme les piliers.
Chaque panneau est encadré de deux colonnettes rondes, issues
d’une base polygonale, se terminant en un petit chapiteau carré
sculpté de bourgeons et supportant l’extrémité d’une
ogive ajourée outrepassée. Au dessus de cet ensemble court
une frise constituée de petits panneaux aux entourages quadrilobés
Dans le chœur également, deux stalles, avec leur haut dossier et leurs accoudoirs sculptés, et deux prie-Dieu dont le décor reproduit celui des boiseries. Un troisième prie-Dieu, transformé en ambon, comporte quelques différences.
Tout à l’opposé, dans l’église, la tribune, servant autrefois au chœur des chants, repose sur deux grandes consoles en bois au décor de bourgeons et de grappes, se retrouvant aux pendentifs de la balustrade ainsi qu’à la rampe des escaliers à double révolution, donnant accès à la tribune elle-même. Sa frise inférieure se retrouve aussi dans les deux balustrades des autels latéraux.
Deux confessionnaux identiques comportent, outre le même décor de colonnettes et panneaux ajourés que dans le reste des boiseries de l’église, un couronnement, percé de trois baies quadrilobées. La baie centrale, au-dessus du siège du prêtre confesseur, est garnie d’une croix clichée découpée, elle-même surmontée d’une croix latine.