La place n'était qu'un ancien cimetière. Elle était plutôt exiguë. Au milieu se trouvait un vieil ormeau. En 1892 la démolition de divers immeubles qui l'encombraient lui a donné les dimensions qu'elle possède actuellement.
L'ancienne église de Saint-Sulpice était de style
roman (IX - XIIe siècle). Une partie avait sans doute était
restaurée en 1636, car un claveau provenant d'une des portes montre
encore cette date. Elle était précédée d'un
“ chaputiau ”, sorte de porche sous lequel avaient lieu les délibérations
d'habitants.
Après la restauration du culte, des travaux importants y furent
effectués en 1809. En 1848, comme elle menaçait ruine, on
la démolit. Dans ses fondations, on trouva les blocs de pierre dont
nous parlons plus haut, et qui paraissent avoir appartenu à une
construction romaine en grand appareil.
Reconstruite, à peu près sur le même emplacement,
dans le style ogival à lancette du XIIIe siècle par M. Victor
Gay, la nouvelle église fut
consacrée le 20 août 1851. Elle coûta 55000 F
dont 14000F fournis par des dons particuliers et 6000F par l'Etat; trois
ans après, on s'aperçut que les voûtes fléchissaient
et on dut y faire des travaux de consolidation. Enfin de très importantes
modifications y furent apportées en 1883 par l'adjonction de deux
bas-côtés et la réfection de la nef.
En résumé, son plan actuel est une croix latine avec
chevet polygonal, nef et deux bas-côtés; le clocher est octo-gonal
à base carrée et abrite un porche à trois côtés
ouverts.
Elle était sous l'ancien régime à la nomination
du prévôt de Saint-Benoit-du-Sault; le vicomte de Brosse,
dans son aveu de 1552, en revendique la présentation; ce droit lui
était contesté par le Seigneur de Piégut. Cet acte
ajoute qu'elle vaut 50l. de rente.
D'après un aveu de Lavaupot, les droits de prééminence
dans cette église appartenaient aux Seigneurs de Piégut et
de Lavaupot; ceux de Piégut passaient les premiers dans les cérémo-nies
et étaient enterrés dans le choeur. Les Seigneurs de Lavaupot
avaient deux bancs, l'un derrière l'autel N.-D., l'autre derrière
le choeur avec droit d'enterrement dessous.
Les registres d'état-civil renferment un procès-verbal
intéressant;
Le curé, ne possédant pas toutes les dîmes de la
Paroisse, était à portion congrue; chaque année il
devait au Seigneur de la Salle de Jançay 18 d. et 40 pieds de chandelle
à cause du presbytère. Celui-ci, aliéné à
la révolution, a été racheté en 1823 par la
commune Il a été réédifié en 1900 sur
le même emplacement.
Il y avait autrefois deux cimetières, l'un autour de l'église,
l'autre à l'endroit où il se trouve actuellement; celui-ci
était alors à une certaine distance de Saint-Sulpice qui
ne s'étendait pas de ce côté. Il est mentionné
dès 151l.
On y trouve parfois d'anciennes sépultures qui contien-nent
des vases à eau bénite globuleux, à goulot court et
étroit; ils ont environ 0,12m de haut et 0,08m de diamètre;
leur terre est jaune.
Encore aujourd'hui chaque village a, dans le cimetière, sa place
particulière.
Une chapelle dédiée à Saint-Michel, pour laquelle on fait fondre une cloche en 1664, existait dès 1562. C'est probablement la même qui est mentionnée par Nadaud comme se trouvant dans le cimetière; elle était alors ruinée.
Il existait à Saint-Sulpice une confrérie du Saint-Sacrement;
le 24 oct. I750 nous trouvons mentionné le décès de
Silvain Besge, charpentier et tisserand, “ lequel a été baile
de la confrérie du Saint-Sacrement pendant quarante ans et l'a gouvernée
en parfait honnête homme et au grand profit de l'église ”.
Les confrères devaient accompagner les processions un cierge
à la main et assister aux services des membres décé-dés.
Le baile avait la garde des cierges et les distribuait aux confrères;
il ordonnait les services. La confrérie compre-nait deux catégories
de membres: ceux qui portaient des cierges en cire blanche, ils payaient
22 s. par an, et ceux qui se contentaient de cire jaune; pour ceux-là
la cotisation était de 17 s.
Interrompue pendant la Révolution, elle fut reprise en 1805
; il y avait alors 14 membres dans la première classe et 15 dans
la seconde.