L’église saint Martial avait pour patron l’abbé de Saint-Martial de Limoges ou le prévôt de La Souterraine, qui dépendait de celui-ci. Elle était administrée, comme à Arnac, par une communauté de prêtres, mentionnée en 1550, mais n’existant plus au XVIIIe siècle.
L’église saint Martial, qui s’élève actuellement
sur la place, a la forme d’une croix latine. Elle est précédée
d’un narthex originairement ouvert sur trois côtés ; les baies
latérales - l’une d’elles était appelée porte des
lépreux - ont été murées anciennement. Au-dessus
se trouve le clocher.
Le portail de l’église est ogival. Il est orné de simples
tores ; les chapiteaux n’existent plus. La nef est divisée en trois
travées voûtées par des croisées d’ogive. Elle
est éclairée par des fenêtres agrandies récemment.
L’église renferme encore d'anciennes statues ; nous citerons
tout particulièrement une superbe Piéta en pierre blanche
polychromée où la Vierge, les mains jointes, est vêtue
en religieuse : robe rouge, voile bleu et guimpe blanche. L'artiste a su
traduire avec justesse l’expression douloureuse du visage de la mère
le corps du Christ, rigide, est placé en travers sur ses genoux
; ce monument paraît être du XVIIe siècle.
Mentionnons encore quelques autres statues de bois :
- d'abord celle de saint Etienne, très vénérée
et dont les bras sont chargés de faveurs multicolores placées
par des pèlerins ; - une sainte Philomène ;
- un saint Martial ;
- un grand Christ dont la couronne, en forme de tortil, était
hérissée de clous ;
- un Père éternel, à la figure joyeuse, émergeant
au milieu des nuages, etc.
- à la cure, portrait de M. de Bourdelle.
L’abbé Texier a signalé un reliquaire émaillé
du XVIIIe siècle, possédé par cette église
; il n’existe plus depuis longtemps (Le 10 flor. an II, on envoie au
district six grands chandeliers, un bénitier, une petite fontaine,
un encensoir, deux croix, la châsse d’un reliquaire en plusieurs
morceaux, le tout de cuivre et provenant de cette église. Plus trois
cloches, pesant 1700, 300 et 160 l., et une petite cloche venant de Saint-Étienne
du poids de 60 l. Le 30 messidor, on adresse au même les vases sacrés,
pesant ensemble 7 marcs d’argent.)
Lussac possède plusieurs cloches,
une du XVIIIe siècle, ainsi que d’autres du XIXe siècle.
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Presque toutes les dîmes appartenant aux seigneurs ou à
des religieux, le curé était à portion congrue.
D’après un compte de 1550, les religieux d’Hérut devaient
10 s. seigle à la communauté des prêtres et 9 s. 2
b. au curé. Le 14 sept. 1654, pour se libérer de cette charge,
ils lui abandonnèrent les dîmes de blé sur Le Plan,
Le Couret et La Jallebosse. Le 21 juin 1692, nouvelle convention entre
les deux parties : le curé renonce à toutes ses dîmes,
mais les religieux s’engagent à lui payer une pension de 300l. et
de 150 l. au vicaire (MD. 300).
Le 16 août 1697, les Augustins de Limoges reconnaissent qu’ils
doivent contribuer pour 8 l. à la pension du curé.
La présentation à la cure appartenait aux seigneurs de
Lussac.
En oct. 1605, le clocher fut réparé par Léonard
Desgranges.
Le 16 fév. 1645, pendant la nuit, raconte Robert du Dorat, un
violent ouragan gâta les couvertures des églises de Saint-Martial
et de Saint-Étienne de Lussac et enleva les clochers de plusieurs
églises.
L’église a subi en1875 d’importantes réparations qui
ont coûté 29000 F.
Les seigneurs de Champeron et de l’Age-Bernard possédaient droits
de sépulture et de bancs dans l’église ; ces droits donnèrent
lieu à maintes contestations entre eux. Les tombeaux du seigneur
de Champeron étaient sous les cloches.
Les registres de l’état civil constatent la fonte de plusieurs
cloches, mais nous laissent ignorer les noms des fondeurs.
Le 3 avril 1605, bénédiction de la grosse cloche dédiée
à sainte Barbe ; parrain, François Prévost ; marraine,
Souve-raine de Bourdelles.
3 avril 1605, bénédiction de la grosse cloche dédiée
à sainte Barbe ; parrain, François Prévost; marraine,
Souveraine de Bourdelles.
24 avril 1731, deux cloches furent fondues pour l'église
:
- l’une de 1750 l., sous le nom de Saint Martial, eut pour parrain
le marquis de Foucault de Saint-Germain, brigadier des armées du
roi, gouverneur de la haute et de la Basse Marche, et pour marraine la
marquise de Lussac ;
- la seconde de 300 l. reçut le nom de Saint-Étienne
par le marquis de Lussac et la marquise de Saint-Germain-Beaupré.
Ces cloches furent refondues en 1789.
On se rendait autrefois à Saint Martial “ pour tous maux d’estomac et douleurs de reins ”. (Dom Font., p. 941).
Une délibération d’habitants du 1er nov. 1733 nous apprend
qu’il y avait deux sacristains, l’un nommé par le curé, l’autre
par
les paroissiens. Pour leur rétribution, ils prélevaient
:
- sur chaque métayer : un boisseau de seigle,
- sur chaque laboureur à 2 bœufs ou vaches :1/2 b.,
- sur chaque meunier :1/2 b.
- sur les principaux habitants du bourg : 5 sols,
- sur les autres habitants du bourg : 3 s.
- sur les habitants de la campagne : une écuellée de
seigle ou 3 s.
Ils étaient chargés de l’entretien de l’horloge.