Un jour, un chien fit tant courir la chèvre qu’il lui fit casser une patte. Alors elle dit à ses chevreaux :« Je m’en vais à SAINT JACQUES faire arranger ma « jacque ». Si le loup vient frapper à la porte, surtout n’ouvrez pas ! Si c’est moi, je vous dirai :" Chebri-chebri- tignon, mets pas ta patte en potignon, y revint de ST JACQUES faire arrangea ma jacque, ovrai, ovrai mos petits la porte à vote mam" »
Le loup caché par là avait entendu le mot de
passe, aussi vint-il frapper à la porte des chevreaux, mais comme
il avait une grosse voix, les chevreaux n’ouvrirent pas. Alors il revint
en prenant la voix de la chèvre, et les chevreaux ouvrirent… Aussitôt
il leur demanda : « où sont vos fromages ? »
- Y sont dé note guernail, dé notes petites chemises
« fouairouses »…
Le loup monta dans le grenier et mangea tous les fromages. Pendant
ce temps, la mère chèvre était revenur et ses petits
lui dirent que le loup était dans le grenier. Alors, elle appela
: « Loup, descend, les gendarmes te cherchent… » Le loup descendit
et elle lui dit : « cache-te din moun "arche", ils ne te trouveront
pas ». Le loup le fit.
Pendant ce temps, la chèvre avait fait bouillir de l’eau
et arrosa copieusement le loup par des petits trous qui étaient
dans le couvercle. Le loup criait : « Eh, commère la chèbre,
t’y me brûles » et cela plusieurs fois…
« Torne te de l’aute couta ouè las piouses que te mordant
» Elle le répéta 2 ou 3 fois…
A la fin, quand elle le fit sortir, elle lui laissa tomber
le couvercle de "l’arche" sur la queue et lui coupa la queue. Alors le
loup se sauva en hurlant et la chèvre criait : « Eh
las beurgères de la Valade, viraient le loup qué la quoue
copade, eh las beurgères des peu viraient le loup que ceu »